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Télétravail : Google rémunère différemment ses salariés

L’enfer est pavé de bonnes intentions et c’est l’heure de la déconvenue pour certains salariés américains de Google qui ont opté pour le télétravail. Ils pourraient en effet voir leur salaire amputé en fonction de leur nouveau lieu de résidence. Une baisse qui pourrait atteindre 10 à 15 %, voire plus.

Au sein du groupe américain, choisir de déménager pour télétravailler dans un lieu plus agréable ou pour éviter des temps de transport trop longs n’est donc pas forcément une bonne idée. C’est le constat qu’a fait l’agence Reuters qui, la première, a levé le lièvre.

En cause, le calculateur en ligne mis à disposition par Google pour permettre d’estimer les effets d’un éventuel déménagement professionnel lié par exemple à une mutation et donc un changement de lieu de travail. Cet outil, disponible depuis juin dernier, permet d’en estimer les effets en fonction de critères tels que le coût de la vie sur place ou bien encore de l’immobilier et des services.

« Google n’est clairement pas obligé de faire ça »

Les baisses de salaire engendrées par cette pratique seraient variables. Ainsi, un employé du bureau de New York vivant à une heure de train, à Stamford dans le Connecticut, perdrait 15 % de son salaire en cas de télétravail. La baisse peut même aller jusqu’à 25 % pour un employé du bureau de San Francisco habitant près du Lac Tahoe, qui borde la Californie et le Nevada, soit à plus de 3 heures de route.

Seuls les salariés travaillant pour les sièges de San Francisco ou New York et télétravaillant depuis leur domicile situé dans ces métropoles ne perdraient pas de salaire, selon le calculateur. « Google n’est clairement pas obligé de faire ça. Par définition, ils payaient ces travailleurs à 100 % de leur salaire, donc il ne devrait pas y avoir de problème à continuer à leur verser la même rémunération s’ils choisissent de télétravailler », a déclaré Jake Resenfeld, professeur de sociologie à l’université de Washington à Saint-Louis.

Les salariés pas logés à la même enseigne

Mais en période de télétravail il se révèle pervers. Car dès lors que le lieu de travail considéré n’est plus son bureau dans les locaux de l’entreprise mais le lieu d’où l’on travaille à distance de manière permanente, le calculateur conduit à revoir la rémunération. Y compris pour un salarié qui n’a pas déménagé mais acceptait jusqu’à maintenant de faire un long trajet entre son domicile et son bureau.

Ainsi un employé travaillant dans les locaux de New York et qui serait à seulement une heure de train de là, à Stamford dans le Connecticut, serait payé 15 % de moins s’il opte pour le télétravail. Un salarié de San Francisco installé près du Lac Tahoe, à la frontière entre la Californie et le Canada, perdrait 25 % de sa rémunération, toujours selon le calculateur. Dans le même temps, un salarié qui opterait pour le télétravail mais habite dans la même zone géographique que son bureau ne perdrait rien.

Une situation qui pourrait conduire de nombreux salariés tentés par le télétravail à réfléchir, alors que l’entreprise estimait récemment que 20 % de ses 140.000 salariés dans le monde vont opter pour le télétravail à temps complet et autant vont demander leur transfert dans un autre bureau. Selon Reuters, certains employés de Google qui avaient envisagé de télétravailler en déménageant ont d’ores et déjà renoncé à leur projet.

Toujours selon l’agence de presse, Google ne serait pas la seule société de la région à mettre en place une telle politique de différenciation salariale. Facebook, Linkedin et Twitter souhaiteraient faire de même, mais sans mettre à disposition un calculateur en ligne.

Des pertes de revenus parfois conséquentes

Concrètement, un salarié de Google qui renoncerait au présentiel et choisirait de passer en télétravail à 100 %, et qui devrait donc signer un avenant à son contrat, verrait son salaire revu à la baisse de 15 % s’il venait à déménager à Stamford, dans le Connecticut, à une heure de New York en train. Tandis qu’un télétravailleur résidant déjà à New York ne perdrait pas un centime.

La politique salariale de Google est valable pour tous ses 140 000 salariés à travers le monde. Malgré les différences et les désavantages qu’il pourrait y avoir, comme aux États-Unis, l’entreprise estime que 20 % d’entre eux devraient choisir l’option du travail à distance.

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