La presse indépendante

La presse indépendante

L’indépendance des rédactions est une liberté collective assurée aux éditeurs d’un média, leur garantissent le droit d’enquêter et diffuser des reportages, sans interférence excessive de leurs propriétaires, au nom du principe de liberté de la presse, de la vérification par les faits et de la protection des sources d’information des journalistes.

L’indépendance des rédactions s’observe lorsqu’un journal, une radio ou une télévision ne cèdent pas à la censure des amis ou des autres sociétés du propriétaire, ni à celle des ministères ou des entreprises.

Principe de l’indépendance de la presse

L’indépendance des rédactions se distingue de l’indépendance des journalistes proprement dite, car il s’agit de l’indépendance d’une collectivité: la rédaction, où les articles sont systématiquement relus et discutés, et qui travaille en équipe, par le biais de conférences de rédaction au cours desquelles sont choisis les sujets abordés, la place qui leur est accordée, l’angle sous lequel l’information est traitée et les moyens financiers consacrés à l’enquête ou au reportage. La revendication d’une indépendance des rédactions a été formulée par les cinq principaux syndicats de journalistes, dans une pétition commune1 mise en place à l’automne 2007, peu après l’élection à la présidence de la République française de Nicolas Sarkozy.

La notion d’indépendance de la rédaction répond aux questions de déontologie et de crédibilité qui menacent un organe de presse quand son contenu est victime d’un conflit d’intérêts avec une autorité supérieure, qu’il s’agisse des pouvoirs publics, du propriétaire du journal ou de ses amis. L’indépendance de la rédaction s’illustre notamment par la désignation d’un responsable éditorial approuvé par les journalistes, ou bien, dans une formule plus modeste, la désignation d’un responsable par l’actionnaire, qui présente son projet éditorial mais qui doit se soumettre à un droit de veto de la rédaction, par le biais d’un scrutin à bulletin secret. C’est cette formule qu’on proposé en 2007 les syndicats de journalistes, SNJ, Syndicat national des journalistes CGT, Union syndicale des journalistes CFDT, Syndicat général des journalistes FO et SJ-CFTC.

Ce droit de veto donne à l’actionnaire la plus grosse part du travail: à partir de son projet éditorial, il recherche une personnalité capable de fédérer les journalistes et les lecteurs dans une même recherche de qualité. Le rôle des journalistes consiste ensuite à donner leur feu vert, puis à défendre leur indépendance régulièrement lors des conférences de rédaction au cours desquelles est discuté le contenu du journal.

Les quotidiens généralistes

Le Monde, fondé en 1944, est le quotidien le plus lu en France, si on compte ses articles consultés sur internet. Il est aussi le quotidien français le plus diffusé à l’étranger. Officiellement centriste, Le Monde est légèrement positionné à gauche. Journal des intellectuels ou des enseignants, ses articles sont plus progressistes et plus socialistes que son concurrent Le Figaro.

Le Figaro, quotidien français le plus ancien encore publié, fondé en 1826, est un journal plus conservateur. Souvent lu par les entrepreneurs, les ingénieurs et les chefs d’entreprise, il est politiquement à droite. Il est parfois critiqué pour son manque d’objectivité dans certains articles à cause de son appartenance groupe industriel Marcel Dassault, entreprise produisant aussi des armes et des technologies aéronautiques.

Moins diffusé, le quotidien Libération est également un journal centriste. À sa création, il était un quotidien communiste. Mais il a évolué et est devenu un journal de centre gauche. Libération est diffusé à plus de 70 000 exemplaires quotidiennement.

Le Parisien, avec plus de 280 000 exemplaires chaque jour, est aussi un quotidien français à succès. Il porte le nom Le Parisien uniquement à Paris, mais s’appelle Aujourd’hui en France dans les autres villes. Quotidien généraliste, il est plus simple à lire, avec plus d’articles sur des faits divers et moins d’articles longs.

La presse spécialisée

La presse économique française a deux quotidiens principaux. Les Echos, journal favorable à une économie de marché libéralisé, est le plus lu, avec plus de 130 000 exemplaires quotidiens. Le second quotidien économique français existe seulement en version numérique : il s’agit de La Tribune, journal publiant des données financières.

L‘Equipe est le quotidien français de presse sportive le plus publié, avec 230 000 exemplaires quotidiens. Ses articles parlent souvent des sports les plus populaires en France : football, rugby, cyclisme…

Un média indépendant

L’indépendance de la presse ne se décrète pas, elle se construit. Par la conjugaison d’une proposition éditoriale de qualité et d’un modèle économique et capitalistique vertueux. Pour Les Jours, ce modèle repose sur le fait de ne pas avoir de publicité, d’être rentable et d’avoir un capital le plus diversifié possible.

Pas de publicité

  • La recherche de l’audience publicitaire (« faire du clic », « faire du flux ») est à l’opposé de la proposition éditoriale des Jours, qui entendent émerger du torrent d’informations en continu déversé chaque seconde sur internet.
  • La présence de la publicité est incompatible avec les exigences graphiques de notre site.
  • La publicité est incompatible avec notre promesse d’indépendance. Ne pas avoir de publicité nous permet, par exemple, d’enquêter sur l’industrie cosmétique, l’un des traditionnels et principaux annonceurs de la presse.
  • Enfin, l’expérience récente démontre que les modèles de pure players qui fonctionnent aujourd’hui en France sont des modèles payants, à l’image de Mediapart ou d’Arrêt sur images.

C’est pourquoi notre site est payant et accessible uniquement sur abonnement.

Un média contrôlé par ses journalistes

Notre site a été conçu grâce à ses lecteurs : au début du projet, en juin 2015, nous avions lancé une opération de crowdfunding sur la plateforme KissKissBankBank qui a fonctionné bien au-delà de nos objectifs (80 000 euros au lieu des 50 000 visés par la campagne, apportés par près de 1 500 futurs abonnés) et qui nous a permis de financer entièrement la conception du site internet.

Mais, pour se lancer, recruter des journalistes, collaborateurs et photographes, et dans l’attente de l’équilibre financier, Les Jours ont besoin de se constituer un capital. La majorité de ce capital est et demeurera détenue par les neuf associés-fondateurs ; le reste est réparti entre des investisseurs privés et des particuliers. La garantie de notre indépendance passe par un actionnariat le plus diversifié possible. « Si un industriel fait un chèque de 700 000 euros aux Jours, il s’achète un média. Si 700 personnes font un chèque de 1 000 euros aux Jours, ils offrent l’indépendance à un média », expliquait l’économiste Julia Cagé l’an dernier, lors de l’ouverture de notre capital via la plateforme de financement participatif (« equity crowdfunding ») Anaxago. Nous étions d’ailleurs le premier média à ouvrir de cette manière notre capital. C’est dans cet esprit que nous ouvrons désormais notre capital à nos abonnés, via la Société des amis des Jours.

Un financement entièrement transparent

Une entreprise de presse doit être une « maison de verre », écrivait le Conseil national de la Résistance après-guerre. Elle doit être financièrement transparente, ses dirigeants et propriétaires clairement identifiés. Nous partageons cette conviction, plus que jamais en cette période d’extrême concentration du paysage médiatique. La répartition du capital des Jours est donc publiée sur notre site, et régulièrement mise à jour.

Les neuf cofondateurs des Jours – Olivier Bertrand, Nicolas Cori, Sophian Fanen, Raphaël Garrigos, Alice Géraud, Antoine Guiral, Augustin Naepels, Isabelle Roberts et Charlotte Rotman – contrôlent aujourd’hui 69,14 % du capital.

Jean