COVID-19, la fin du masque obligatoire

COVID-19, la fin du masque obligatoire

L’allégement des obligations liées au COVID-19 laisse penser qu’il pourrait y avoir une levée de l’obligation du port du masque en extérieur et plus tard en intérieur.

Les vaccins contre le Covid réduisent significativement le risque d’infection et de transmission du virus. Mais «pour le moment, même vaccinés, continuons à appliquer les gestes barrières et à porter le masque», enjoint le ministère de la Santé. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis (CDC) ont eux annoncé mi-mai que les personnes pleinement vaccinées pouvaient tomber le masque, sauf dans des environnements bondés tels des concerts en plein air ou les transports en commun. En Israël, l’obligation a elle aussi été levée.

Où faut-il porter un masque buccal ?

Vous devez obligatoirement porter un masque buccal dans toutes les situations où il est impossible de garantir le respect des règles de distanciation sociale. Par ailleurs, le port du masque est obligatoire (à partir de 13 ans) :

  • dans les transports en commun, les arrêts et les gares
  • pour les personnes exerçant un métier de contact et leurs clients
  • pour le personnel de salle et de cuisine dans l’horeca
  • pour les clients de l’horeca, sauf lorsqu’ils sont assis à leur table
  • dans les magasins et centres commerciaux
  • dans les rues commerçantes, les marchés, les brocantes, les foires et tout autre lieu privé ou public très fréquenté. C’est le gouvernement local qui le détermine. Visitez le site web de votre ville pour plus d’informations.
  • dans les cinémas, les théâtres, les salles de concerts, les salles de conférence, les auditoires, les lieux de culte, les lieux de rassemblements philosophiques, les musées et les bibliothèques
  • dans les casinos et les salles de jeux

Attention, la recommandation en faveur du port du masque ne remplace pas les précédentes consignes de santé publique. Se contenter de porter un masque n’est pas suffisant. Continuez à appliquer les autres règles d’or :

  • Lavez-vous régulièrement les mains
  • Gardez 1,5 m de distance
  • Limitez-vous à 1 contact rapproché
  • Pensez aux personnes vulnérables
  • Travaillez à domicile
  • Aérez les espaces intérieurs
  • Pratiquez vos activités de préférence à l’extérieur

Dans certaines communes, il est facultatif en forêt ou sur la côte

Cela devrait probablement être possible cet été. Des médecins le réclament. L’infectiologue que nous avons rencontrée y met deux conditions, notamment l’immunité collective qui est loin d’être atteinte. « Ce serait une couverture vaccinale dans la population de 50%. Et seules les personnes vaccinées pourraient enlever le masque en extérieur », précise Priscila Pajaud Passe-Coutrin.

Ces conditions avancées créeraient cependant une inégalité avec les non-vaccinés. La règle pourrait donc être la densité. Dans un lieu bondé, le masque resterait obligatoire. À faible densité, seul sur un trottoir, le dispositif de protection pourrait être retiré. Une logique qui est déjà appliquée par des communes et départements entiers. À Cagnes-sur-Mer par exemple, il n’est plus obligatoire en forêt ou sur la côte.

Une réalité dès début juin ?

Parmi ces optimistes, le Pr Pierre Parneix, médecin hygiéniste et de santé publique au CHU de Bordeaux, anticipe dans Le Parisien qu’on pourra enlever le masque « à partir de début juin », dans certains endroits peu denses, « si la dynamique positive se confirme ». Et ce à condition de continuer à appliquer les autres gestes barrière : désinfection des mains, distanciation surtout pour les non-vaccinés. « Il est trop tôt pour dire on le lâche le port à l’extérieur. À l’intérieur, n’en parlons même pas ! Mais la pression épidémique étant de moins en moins forte, sans doute va-t-il falloir réévaluer son utilité, notamment dans certaines zones à l’air libre », confie de son côté l’entourage du ministre de la Santé au quotidien.

Pas dans le courant de l’été, en tout cas dans les lieux clos, et denses comme les rues de centre-ville. Et quand on est dans un groupe, même en extérieur, il faut le porter. Je suis même favorable à ce qu’on continue à porter le masque, l’hiver prochain, pour éviter la diffusion de certaines maladies, quand on se sait contagieux. Cet hiver, on n’a eu peu de gastros, de grippe, de bronchiolite. Des vies ont été sauvées, pourquoi se passer du réflexe masque, que l’on a acquis pendant ces longs mois de pandémie ? Cela peut être un des effets bénéfiques de l’après-Covid, pour faire économiser de l’argent à la Sécu, et sauver des vies…

Vers une levée partielle ?

Alors qu’une saisine du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), qui aide aux décisions sanitaires, n’est pas exclue sur la question, le professeur Didier Lepelletier, coprésident de son groupe de travail Covid-19, estime qu’il faudrait diviser l’extérieur. « En clair, ce serait : si vous êtes seul, ne portez pas de masque, vous n’avez personne à protéger. Si vous êtes entouré d’une forte densité de personnes, continuez à le mettre », résume le spécialiste de la prévention et du contrôle des infections au CHU de Nantes (Loire-Atlantique) auprès du Parisien.

Si dans d’autres pays, la levée du port du masque à l’extérieur est déjà une réalité, il n’est pas forcément opportun de comparer. « Se comparer par exemple aux États-Unis n’est pas une bonne idée. Ils ont un trimestre d’avance sur nous sur la vaccination. Nous commençons juste celle des 20-40 ans qui est la population qui transmet le plus », rappelle encore Didier Lepelletier. Il en est de même concernant Israël, où il n’est plus obligatoire de porter le masque dehors depuis le 18 avril, soit deux mois après le début déconfinement dans l’état hébreux.

Les exemples de levée du port du masque

La commune de Tarascon-sur-Ariège (Ariège) a mis un terme à l’obligation du port du masque à l’extérieur. Mais à l’échelle nationale, une telle mesure ne paraît pas encore être à l’ordre du jour.

L’épidémie de Covid-19, bientôt un mauvais souvenir ? Au pied des Pyrénées, on respire en tout cas à nouveau au grand air. À Tarascon-sur-Ariège (Ariège), le port du masque en extérieur n’est plus obligatoire, depuis le 16 avril. Dans cette commune, la vaccination et une baisse continue des contaminations a pu permettre de prendre cette décision. Pourtant, chez les plus âgés, le masque n’est jamais très loin. « Je le mets pour me protéger s’il y a du monde », avoue un homme.

Jean