Compte personnel de formation : après les bugs

Compte personnel de formation : après les bugs

De nombreux internautes se plaignent de ne pas pouvoir transférer leurs droits acquis avant 2015, alors que le délai expire ce mercredi à minuit. Au Parisien, le gouvernement annonce que le service sera toujours accessible après la date limite.

Le compte à rebours est lancé et de nombreux internautes fulminent. Depuis plusieurs jours, de nombreux internautes se plaignent de ne pas pouvoir se connecter sur la page dédiée au transfert des droits individuels à la formation vers le compte personnel de formation (CPF). Le temps presse pourtant, puisque les salariés français sont censés réaliser cette démarche avant ce mercredi minuit.

Pour rappel, tous les salariés qui ont travaillé avant le 31 décembre 2014 ont acquis des droits individuels à la formation, avant que ne soit mis en œuvre le compte personnel de formation. Ces heures accumulées doivent être converties en euro pour être comptabilisées dans le nouveau dispositif entré en vigueur le 1er janvier 2015. Une contrainte qui découle de l’entrée en vigueur du projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » le 1er janvier 2019 et qui a instauré la monétisation du CPF.

Depuis, le CPF des salariés français (hors agents publics) est alimenté chaque année de 500 euros, dans la limite de 5000 euros. Mais les fameuses heures de DIF accumulées avant janvier 2015 devaient être transférées par les salariés eux-mêmes, dans la limite de 1800 euros maximum.

10.000 demandes quotidiennes ces derniers jours

Le 28 juin, le ministère du Travail avait calculé que, depuis le début de la transition vers ce nouveau système, 6,33 millions transferts ont été enregistrés pour une valeur moyenne de 1264 euros par compte. Encore deux millions de personnes n’auraient pas effectué les démarches pour réclamer leurs droits. La récente campagne de communication et de sensibilisation du Ministère avait toutefois augmenté les enregistrements ces derniers jours. L’échéance se rapprochant, le ministère du travail disait enregistrer 10.000 demandes de transfert par jour.

Début juin, la ministre Élisabeth Borne avait assuré devant la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale que le report des droits ne serait pas prolongé au-delà du 30 juin.

« Doit-on poser des congés pour rafraîchir la page H24 ? »

Mais le site dédié au transfert semble désormais incapable de faire face à l’afflux d’internautes. Le Parisien a tenté de se connecter régulièrement mercredi matin, sans succès. Plusieurs messages d’erreur apparaissent. Soit le site est totalement indisponible, soit nous avons été invités à retenter notre chance ultérieurement du fait d’un nombre trop élevé de connexions. « Ça se passe comment quand le site est planté toute la journée ? ! Doit-on poser des congés pour rester rafraîchir la page H24 ? », fulmine un internaute.

Et lorsque l’on a la chance de voir apparaître la page de connexion, il est impossible de remplir certains champs, qu’il s’agisse de son niveau de diplôme ou du type de voie au moment d’indiquer son adresse personnelle.

Contactée, la Caisse des dépôts qui est chargée de ce service confirme que le sujet a été identifié mardi et est lié à un nombre élevé de connexions qui rendraient difficile l’accès au site. Ces problèmes qui seraient donc d’ordre technique tombent très mal, puisque des milliers de retardataires n’avaient toujours pas opéré leur transfert ce jour.

« Les équipes techniques sont en train de faire le maximum pour que tout fonctionne, indique-t-on au ministère du Travail. Nous avions anticipé cette surcharge en doublant les capacités de connexions mais nous avons tout de même été surpris. Le rythme était de 12 000 transferts par jour jusqu’à hier. Mardi, nous en avons eu 100 000 sur la seule journée. Il ne suffit pas de s’inscrire, il faut télécharger des documents et il y a beaucoup de données. Le site n’a pas planté mais il est difficilement accessible. Nous avons comptabilisé 40 000 transferts rien que ce matin. »

Jusqu’à 1.800 euros en jeu

Pour rappel, les droits individuels à la formation ont été acquis jusqu’en décembre 2014, après quoi ce dispositif a été remplacé par le Compte personnel de formation. Depuis 2015, il est donc possible de transférer les droits de l’ancien dispositif sur le nouveau, ce que près de 7 millions de salariés ont déjà fait, pour un total de 8 milliards d’euros.

Pour connaître votre DIF, il faut vous reporter à votre bulletin de salaire de décembre 2014 ou janvier 2015. Puisque jusqu’à 120 heures non utilisées peuvent s’y trouver, à un taux horaire de 15 euros de l’heure, il est possible de transférer jusqu’à 1.800 euros de droits à la formation sur votre CPF.

Jean